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Pourquoi l’Archipel ? À cette question, qui m’est souvent posée, j’apporte toujours la même réponse : une maison d’édition est un archipel de collections ; chaque collection, un archipel de livres. J’aurais pu me prévaloir de précédents connus : sans remonter à Archipel, recueil de nouvelles de Pierre Louÿs, ou à un excellent roman de Michel Rio, paru en 1987, qui porte ce nom. En créant cette maison d’édition en 1991, je souhaitais offrir, comme un créateur de mode propose sa collection d’hiver ou d’été, une collection, un archipel de livres, à chaque saison renouvelés, susceptibles d’offrir à tous les publics détente, émotion, évasion.
En quinze ans d’activité – et plus de cinq cents livres publiés – notre éclectisme a parfois pu surprendre. « Comment, vous publiez tout à la fois des romans du terroir, des livres de suspense, des romans historiques, mais aussi des essais politiques ou de société, des enquêtes, des biographies, des ouvrages de psychologie, des guides présentant syndicats et grandes institutions (collection “L’information citoyenneî), et même des livres illustrés ! Vous n’avez pas le tournis ? » Eh bien non ! Le tournis, nous tentons de nous en préserver en maintenant le cap d’une politique éditoriale cohérente. Moitié fiction, moitié non-fiction, nos quelque soixante nouveautés annuelles abordent certes des rives éloignées les unes des autres, mais ont un point commun : elles ont toutes pour mission de donner envie. Envie de connaître, envie de se cultiver, de se détendre ou de se passionner… Il est vrai que nos thrillers – « porter sur les nerfs », en anglais – sont choisis de façon à faire trembler… de peur ou de plaisir !
Depuis quinze ans, le « grand » public, qui n’est pas « un » mais multiple, a découvert un archipel où faire escale. Une nouvelle raison de délaisser, l’espace d’un livre, le petit écran dévoreur de temps, pour tourner la (ou les) page(s) et palper le velours 80 grammes porteur de promesses...
Jean-Daniel Belfond
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