Arno Klarsfeld

On connaissait Arno Klarsfeld, l’un des plus jeunes avocats français de sa génération, inscrit simultanément au barreau de Paris, New York et de Californie, avocat des parties civiles aux procès de Paul Touvier puis de Maurice Papon, qui partage et poursuit depuis vingt ans les combats de ses parents, Serge et Beate Klarsfeld.
On connaissait aussi ou l’on croyait connaître le play-boy provocateur et le noceur indolent dépeint par la rumeur médiatique en éternel ado, plaidant rollers aux pieds dans un procès pour crime contre l’humanité.
C’était oublier le courage, ciment de cette personnalité hors norme.
Depuis l’intervention américaine en Irak, irrité par le traitement réservé au conflit israélo-palestinien devant l’opinion française, Arno Klarsfeld a d’abord publié des tribunes engagées dans Le Monde, véritables plaidoyers en faveur d’Israël et de l’intervention militaire en Irak, seul vecteur selon lui de la démocratisation du Moyen-Orient.
Puis, allant jusqu’au bout de sa démarche, il a pris la nationalité israélienne et s’est engagé, à trente-sept ans, dans l’armée de ce pays, en dépit de la limite d’âge.
C’est à sa demande qu’il a intégré les Magav, une unité très exposée de Tsahal, celle de ces gardes-frontière dont l’une des fonctions est d’empêcher les kamikazes de franchir la Ligne verte et dont les noms abreuvent les rubriques nécrologiques de la presse israélienne.
Depuis décembre 2004, Arno Klarsfeld est revenu en France.
Dans ce livre d’entretiens avec Yves Derai, journaliste au Nouvel Économiste et au mensuel L’Optimum, il évoque pour la première fois son engagement dans les forces armées et sa vie quotidienne au sein d’une unité qui est la « barrière de chair et de sang » d’Israël.
Bien plus, il dresse un portrait en coupe de la société israélienne, de la jeunesse insouciante de Tel-Aviv aux jusqu’au-boutistes des colonies, et des terrasses de Jérusalem jusqu’à la tête de l’État, où Ariel Sharon s’apprête à défaire les implantations qu’il avait encouragées.
S’appliquant à relever les contre-vérités qui jonchent l’histoire de l’État hébreu, Arno Klarsfeld dresse le portrait d’un peuple à la nuque raide, mais toujours épris de dignité et de liberté.
Et, s’il condamne la duplicité de la politique palestinienne et la lâcheté des attentats suicides, il redit aussi la nécessité absolue de parvenir à un compromis.
Car d’Israël, Arno Klarsfeld est aussi revenu avec le souvenir d’une rencontre : celle du peuple palestinien, source d’espoir pour une issue pacifique, pourvu que ses dirigeants acceptent les solutions qu’ils ont toujours refusées.
Au-delà, il livre une réflexion sur l’Histoire du peuple juif, son identité propre et le prétendu conflit des religions.
Un témoignage singulier pour instruire le conflit israélo-palestinien et entendre la confession paradoxale d’un enfant du siècle, qui ne choisit pas entre Israël, la France et les États-Unis.

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